Tuesday, January 24, 2006

Le romantisme à l'indienne

Au 17ème siècle, Shah Jahan, le cinquième empereur Moghol, a fait construire le Taj Mahal, mausolée en l’honneur de sa deuxième épouse défunte, Mumtaz Mahal, comme symbole de l’amour éternel. Le romantisme à l’indienne.

Il aura fallu 20 000 ouvriers et 22 ans de travaux pour la construction de ce palais. Le Taj Mahal est situé à Agra dans la région de l’Uttar Pradesh dans le nord de l’Inde. Agra est aussi la ville ou siègeait l’empire moghol, fondé en 1526 par le turc musulman Babur. Le Taj Mahal a été construit avec les matériaux les plus nobles qui soient, du marbre blanc du Rajastan, de l’Agate du Yémen, de l’Amétyste de Perse,… Aujourd’hui il est un des 7 merveilles du Monde et demeure le monument le plus visité en Inde.

L'amoral du film...Match Point

Match Point est l’histoire, somme toute assez amorale, d’un homme déchiré entre un amour de raison, qui lui garantit un statut sociétal élevé et un amour charnel qui déchaîne en lui une passion dévastatrice.

Chris Wilson (Johnatan Rhys Meyers) est professeur de tennis dans un club chic de Londres. Il fait la connaissance de Tom, issu d’une famille richissime et se lie d’affection avec sa sœur Chloé. Tom est alors fiancé à une américaine sexy et un peu perdue, Nola Rice (Scarlett Johansson) que Chris désire follement. Mais Chris doit se faire une raison, Nola et lui ne sont rien sans Tom et Chloé. Chris se fait alors embaucher dans l’entreprise familiale et décide d’épouser Chloé. Tom quant à lui finit par quitter Nola. Démarre alors une liaison entre Nola et Chris, poussant le jeune homme raisonnable à affronter ses pires démons.

Le réalisateur Woody Allen n’a pas choisi d’apparaître dans son film, chose rare voire unique qui rend le film un peu plus « léger». Point de bégaiements interminables, point de personnage tordu et névrosé, le rythme du film en devient tout à fait supportable et on se rend compte que le Woody est un bon « film maker » tant qu’il n’apparaît pas dans ses œuvres. Le scénario est même plutôt original, on ne se doute jamais de ce qui nous attend dans les minutes qui suivent. Le casting est particulièrement réussi, les acteurs collent parfaitement aux rôles et font preuve de grands talents de comédie. Johnatan Rhys Meyers à la bouille d’ange, surprend par sa perversion ; Scarlett Johansson n’en est pas moins sexy en jeune actrice fragile et sans succès, … La pilule de fin passe bien,… bizarrement. C’est comme si le film nous permettait de nous dédouaner des nos propres déviances tant les excès de Chris nous paraissent irréalisables. A voir, pour ceux qui veulent tester leur sens moral.

100% Zach Braff

Sorti en 2005 et malheureusement resté peu de temps en salle, Garden State est un petit bijou d’humour et de tendresse. Réalisé par Zach Braff (série Scrubs), il met à l’affiche Natalie Portman, Peter Sarsgaard et Zach Braff lui même.

Garden State raconte l’histoire d’Andrew, acteur raté gavé de neuroleptiques qui vit à Los Angeles. Il rentre passer quelques jours dans son Connecticut natal pour enterrer sa mère (paralysée depuis des années à la suite d’un accident provoqué par Andrew) qui vient de se noyer. Dans ce contexte tragique, on découvre un personnage touchant d’introversion et de refoulement, torturé par la culpabilité et l’envie de vivre. Lors d’une visite chez le médecin il fait la connaissance de Sam (Natalie Portman) pétillante et charmante jeune femme. Entre les retrouvailles avec ses anciens amis et le début d’une histoire d’amour, Andrew se découvre enfin et apprend à affronter ses émotions dans un scénario aussi original que vrai.

Les décors du film s’adapte parfaitement au thème du film et au caractère des personnages. Ce film riche en émotions, ne coupe pas à la happy end typique des productions américaines, mais sais éviter les tirades moralisatrices et jongle intelligemment avec le symbolisme : la pluie qui tombe tout au long du film symbolise la pureté et la renaissance.

Darshan, l'étreinte

Amma (Mata Amritanandamayi) était une petite fille différente, dévouée à Krishna et qui découvrit très tôt la méditation et les états élevés de conscience, qui lui firent entrevoir la Mère Divine (la nature). Blessée par la souffrance d’autrui, elle passe son enfance et sa jeunesse à aider son entourage, baignée dans un amour de la création (le monde) et une joie incommensurable qu’elle souhaite transmettre. Sa différence en fera longtemps une femme rejetée par les autres, sa famille inclus, mais son amour finira par jaillir sur les gens qui la côtoient et c’est avec ses premiers disciples qu’elle créera son premier Ashram.

Jan Kounen s’était déjà immergé dans l’expérience du chamanisme. Avec Darshan, son dernier long métrage, il réitère la plongée dans le mystique. Darshan, littéralement « étreinte » en Hindi, rend hommage à l’œuvre d’Amma, une indienne née dans une famille rurale du Kerala et devenue une sainte pour des millions d’indiens et d’humains. Sa vie est dévolue à Dieu et à son amour pour les êtres humains. Elle cherche à répandre cette amour autour d’elle et son étreinte à la particularité de faire naître en chacun une paix et une spiritualité, sources de bonheur. Ainsi, elle sillonne l’Inde et le Monde pour s’adresser aux hommes et donner son étreinte libératrice et protectrice. Le jour de ses 50 ans, à Kochi (Cochin), elle a passé 21 heures assise, donnant son Darshan à plus de 45 000 personnes. Ce documentaire n’est malheureusement visible à ce jour que dans 6 salles françaises. Quel dommage

Le sytème Metric

Metric est un groupe made in Canada. L’écouter c’est l’adopter.

Leur deuxième album «Old world underground, where are you now » paru en 2003 est un mélange de rock et d’un style indéfinissable propre au groupe. On y retrouve aussi de fortes influences pop et disco, au son d’une guitare résolument 70’s. La voix de la charismatique chanteuse, Emily Haines, se mêle parfaitement aux mélodies décalées de Metric et donne au groupe un côté rebel et sexy.

Loin du plan-plan couplet / refrain habituel, les titres n’évoluent jamais comme on s’y attend et les mélodies surprennent autant qu’elles donnent envie de danser. Chaque morceau est une découverte, une œuvre à part entière et le disque s’écoute en boucle sans lasser une seconde. (IOU, Succexy, Dead Disco, Combat Baby, Hustle Rose,…)

Le groupe a d’ailleurs tapé dans l’œil du réalisateur français Olivier Assayas qui l’a fait apparaître dans son long métrage Clean, faisant découvrir au monde une formation attachante et décapante qui peut vite rendre accroc. Leur dernier album « Live it out » vient de sortir et ne dément en rien la réputation que s’est forgé Metric depuis deux ans. Reste à les voir sur scène, pour un décoiffage assuré. Les parisiens ont eu la chance d'applaudir le groupe au Trabendo le 26 novembre 2005 dernier, avec une découverte non néligeable en première partie : Ginger Ale.

Bio, infos, photos et surtout clips disponibles sur le site www.ilovemetric.com

Friday, January 20, 2006

Si j'avais une fille...


…je l’appellerais Agatha, parce que ce prénom résonne en moi comme le mélange du panache, de la classe et du charisme féminin.

Tout le monde connaît Agatha Christie, écrivaine à succès, reine du polar. On connaît moins Agatha Christie Mallowan, épouse de Max Mallowan, archéologue de son métier. Dans son livre « La romancière et l’archéologue, mes aventures au moyen orient » Agatha Christie raconte ses années de fouilles avec son mari sur les Tell de Syrie. Son voyage commence par un trajet dans l’Orient Express quittant son Devon natal pour rejoindre l’Orient qui l’a toujours fascinée. Agatha nous raconte la recherche du parfait lieu de fouilles, l’installation et le travail avec sa fine équipe d’autochtones, tous aussi loufoques les uns que les autres dans une langue impeccable, dynamique et avec un humour qu’on ne penserait pas trouver en cette première moitié du 20ème siècle.

Elle nous dépeint un orient où il fait bon vivre, des années au service de la passion de son mari, des rencontres improbables, des anecdotes dignes d’un film et des paysages d’une grande beauté. Refermez ce livre et résistez à l’envie de faire un bon en arrière, de monter dans l’Orient Express pour partir en direction de pays sableux et généreux…

Coup de foudre à Bollywood : mon verdict

Veni, vidi, vici …et en plus j’ai aimé !


Le titre aurait pu laisser présager d’une comédie fade, caricaturale et niaise mais il n’en est rien. Gurinder Chada a su créer un univers bien à part pour ce film rafraîchissant et imaginatif. La légèreté est bien sûr de mise mais n’enlève rien à la qualité du film dont l’intérêt se situe bien ailleurs. Coup de foudre à Bollywood est une comédie musicale haute en couleurs à la frontière entre un Bollywood made in Bombay et Grease, sur fond de romantisme à l’anglaise et bien évidemment de culture indienne.

On en prend plein les yeux, on aimerait d’ailleurs en voir plus. Les bons sentiments ne manquent pas mais on pardonne aisément le happy end sucrée tant l’humour et les détails judicieux nous réjouissent d’emblée. Le film démarre par un mariage, thème central du film et vous donne l’envie immédiate de danser. Ce film est à déconseiller aux ronchons allergiques aux bons sentiments, il s’agit bel et bien d’une comédie romantique mais Gurinder Chada a ce petit plus qui fait de ces films des perles tellement originales.

Souvenir : EMB

Souvenir : EMB

L'Espace Michel Berger, EMB pour les intimes, est une petite salle de concert à Sannois, une petite ville dans le 95. Le programme y est toujours de bon goût, l’accueil chaleureux et l’ambiance sympathique.

Jeudi 13 octobre 2005, 20h30 : dans le cadre du festival Voix / Publics, l’EMB accueillait deux artistes de la chanson française : Bertrand Belin et Albin de la Simone.

Bertrand Belin est un guitariste hors-pair et breton. Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose mais il a fait ses classes avec des grands comme Benabar ou Néry. Son album solo est sorti au début de l’année 2005 porté par les trois « f » de Télérama et une presse plutôt conquise. Il arrive sur scène à 21h, costume marron, décontracté et souriant et commence à nous raconter son dernier rêve érotique pour enchaîner sur une chanson. La musique de Bertrand Belin est à la chanson et à la musique, ce que le Fooding est à l’art culinaire : un mélange de saveurs inédites et d’expériences subtiles et déroutantes. Un plat sucré-salé qui trouble, dérange mais séduit. Des mélodies travaillées avec un style qui lui est propre, un langage châtié, des textes parfois abscons. Le tout donne un album qui ne ressemble à aucun autre, ça et là des touches de blues, de jazz, de bossa, de rock, viennent ponctuer des mélodies parfois complexes. Une aura mystérieuses l’entoure, on le sent sensible et porté par son public dont les applaudissement le font grandement sourire. Longue route à lui.

Albin de la Simone arrive sur scène affublé d’une blouse très « techno » et d’un sourire malicieux qui laisse présager de sa forme éblouissante. Le début de son set ne trahit pas cette impression : il entame quelques unes de ses chansons les plus pêchues, dont Avril 4000, accompagné par une troupe de musiciens tout aussi talentueux, dont François Lasserre à la guitare, qui officie habituellement aux côtés de Franck Monnet. L’ambiance est électrique, les fans féminines, qui composent la majorité de l’audience, y sont pour beaucoup. Puis vient le temps des morceaux plus doux, voire plus tristes, dont le titre Notre Homme dont on ne sait s’il traite d’une blessure d’enfant ou d’un sujet bien plus grave comme la pédophilie. Albin de la Simone sait s’émouvoir, mais reprend vite son petit air malicieux pour entamer son tube J’ai changé (qui plaît beaucoup malgré son petit côté démago). Deux rappels plus tard, on a presque l’impression qu’il ne veut plus quitter la scène, mais il finit par une petit courbette devant le micro, un grand merci et s’engouffre dans les coulisses. Deux hommes, deux univers à l’opposé l’un de l’autre, mais une même passion pour la musique. Une belle leçon d’ouverture d’esprit.

Tôt ou tard

Au départ, l’idée était simple : réunir tous les artistes du label Tôt ou Tard sur un album pour des duos. Quelques mois plus tard l’album est en boîte. Le 7 juin 2005 est paru ce petit bijou réunissant des chanteurs et musiciens pour des duos ou trios aussi inattendus qu’originaux.

Le coffret digipack est composé de deux CD : Plutôt tôt et Plutôt tard et d’un DVD de 90 minutes autour de l’enregistrement studio de l’album : Au clair de la lune. Certains ont crées des chansons pour l’occasion, ainsi Jeanne Cherhal et son « Tout le monde se sert dans mon assiette » nous régale d’humour et de piquant. Paroles et musiques servies par un duo avec le talentueux Franck Monnet.

Thomas Fersen nous livre quant à lui un texte sur un bouton, plein de finesse : «Ce matin au saut du lit je me regarde le menton et je vois un gros bouton bien gonflé bien rempli » accompagné par Bumcello (Vincent Segal et Cyril Atef). D’autres ont préféré reprendre les chansons des copains. C’est le cas de François Audrain et Vincent Delerm sur Les Bancs de Franck Monnet.

Cet album donne l’impression agréable d’une bande de potes qui se sont réunis pour partager dans une ambiance joyeuse et franche, la passion pour la musique et la chanson. La suite naturelle serait une série de concert, reste à espérer que ce sera le cas.

Les Poupées Russes

Cela fait quelques temps qu’on en entendait parler et qu’on l’attendait. Les Poupées russes vient de sortir en DVD. Suite de L’Auberge espagnole ou plutôt de la vie de Xavier devenu trentenaire, en plein travail de rédaction d’un scénario pour la télé qui le force à se plonger dans les méandres des souvenirs de sa vie amoureuse. L’ambiance est toujours internationale, le rythme et le scénario Klapischiens, on aime ou on aime pas. Xavier a mûri, ses imperfections aussi, mais il demeure un personnage touchant.

Dans ce film, on découvre comment un homme peut faire souffrir une femme, comment il peut en avoir conscience et comment il souffre de ne rien pouvoir y faire. Le film dure 2h, sans aucune longueur, plein d’humour et de jolies scènes de Londres à Saint-Petersbourg en passant par Paris. On retrouve les personnages principaux de l’Auberge espagnole, grandis eux aussi. Tout s’articule autour du personnage principal, magistralement interprété par Romain Duris dont on a du mal à ne pas l’imaginer un peu « Xavier » dans la vraie vie tant le rôle lui colle à la peau. Pas de tortures cérébrales dans Les Poupées russes ni de grands sentiments, mais on en demande pas tant.

Simplement un film intelligent et humain, qui n’échappe pas à quelques clichés et à une happy end. Mais après tout, si le cinéma n’est pas là pour nous distraire et nous donner le sourire, c’est un peu dommage.

Souvenir : Yes Papa Party

Le 4 juillet 2005 Jul Peclers organisait la nouvelle édition de sa fameuse Yes Papa Party au Nouveau Casino, rue Oberkampf. Ambiance enfumée, salle bondée, la programmation est bien sympathique et la soirée s’annonce « french scene touch ». Ya même du people dans la salle, Jeanne Cherhal, Emma de Caunes,… Albin de la Simone et JP Nataf arrivent sur scène totalement décontractés (Mr de la Simone ne repasse pas ses pantalons semble t-il). Ils chantent leurs chansons chacun leur tour, JP Nataf à la guitare, Albin au clavier (ou au paquet de sucre comme Maracas).

Les mélodies sont plutôt douces, les paroles touchantes, le public est captivé et les fans réclament tous une chanson différente au moment des rappels, mais le temps est limité. Un set parfait pour une mise en bouche, pour se chauffer la voix et les muscles. Vient ensuite le maître de la soirée, Jul Peclers. Guitare à la main, Jul a le talent de susciter l’intérêt de tous, même de ceux qui ne connaissent pas ses chansons. Rythmes groovy, funky, pop, on ne peut pas s’empêcher de se dandiner. Jul donne autant de plaisir à son public, qu’il semble en prendre à jouer ses morceaux. Un vrai bijou. Le dernier set est celui de Monsieur Franck Monnet et sa bande. A la batterie Franck M’Bouéké, à la guitare, François Lasserre. Les trois compères se sont rencontrés en 2001 lors d’une Yes Papa Party et ne se sont plus quittés.

L’ambiance est enflammée, L’Orgue Hammond donne le rythme. Les morceaux s’enchaînent et le public se déchaîne. On sent que les fans sont de plus en plus nombreux, les gens chantent, sautent, crient. On aimerait que le concert ne se termine pas, mais la Yes Papa Party prend fin aux alentours de minuit. Vivement la prochaine, …que Jul nous entendent.

Souvenir : Franz Ferdinand sur Seine

Qu’est ce qui commence par un F et qui finit par une foule en délire qui se damnerait pour quelques minutes en plus de plaisir ? Franz Ferdinand biensûr !! Véritable phénomène de l’année, ces quatre garçons fraîchement débarqués de leur purée de poids écossaise ont mis le feu à Rock en Seine le vendredi 26 août 2005.

Le concert commence à l’heure et c’est sans chichi que le groupe rentre en scène, mené par le charismatique Alex Kapranos (guitare / chant) accompagné de Nick Mc Carthy (Basse), Bob Hardy (Guitare / Clavier) et Paul Thompson (Batterie) En guise d’ouverture, le pêchu et exaltant titre « Michael » nous donne immédiatement envie de danser et de sautiller.

Le désir avoué de Franz Ferdinand, dans leur premier album éponyme, était de faire de la musique pour faire danser les filles. Tout ce que l’on peut dire c’est qu’apparemment ça marche ! …même sur les garçons. Le concert est un vrai bijou : les titres s’enchaînent, on danse, on chante, on applaudit. Les Franz Ferdinand ont la pêche et sont d’une sympathie désarmante. Ils font d’ailleurs l’effort de parler français, osant même une petite blague graveleuse lors de la traditionnelle présentation des musiciens : « l’homme avec la grosse « beat » là-bas, c’est Paul !! », qui a fait rire tous les hommes du public sans exception.

La dégaine, le son, la rythmique, les voix, on ne peut pas s’empêcher de comparer les quatre compères aux Beatles. Mais le style Franz Ferdinand existe bel et bien. Et c’est dans un mois que le groupe nous livrera son deuxième album You could have it so much better. Des Darts of Pleasure en perspective !

La bise et la rosée fricottent

Thursday, January 19, 2006

Camille

Sa voix titille, surprend, pourrait agacer, mais, mais, mais voilà : Camille est bourrée de talent ! Son deuxième album Le Fil est sorti il y a quelques mois. De la première à la dernière chanson, une note vibrante ne nous lâche pas, toile de fond à un puzzle musical, signe distinctif de l’originale Camille.

Une note unique pour poser les bases de son univers. Sa bouche est boite à rythme et instruments multiples. Sa tessiture paraît infiniment large. Elle ose tout, donne ce qu’elle a à donner, dit ce qu’elle a à dire et on aime ça. Jazz franco-anglais, petite comptine, rimes rigolotes, textes douloureux et mélodies improbables font de cet album un petit bijou. Certains la trouvent bizarre, en marge, sans doute parce qu’elle a ouvert une brèche dans le paysage musical français. L’expérience Le Fil n’a pas usurpé le succès naissant et à souhaiter à ce personnage atypique.

Effroyables jardins : une merveille

C’est l’histoire d’un petit garçon à qui la vue d’un clown provoque une angoisse terrible et qui comprend plus tard l’origine de se troubles. Son père instituteur fait le clown à ses heures perdues pour des mariages ou des anniversaires, à la vue et à la honte de son fils.

Un jour vient où son oncle lui raconte l’histoire tragique mais tendre d’une journée de guerre, d’une rencontre, qui expliquera pourquoi son père aime tant les clowns. Une histoire d’enfants, d’hommes, une histoire d’êtres humains pendant la guerre, une histoire de destinées et de leurs influences.

Comment la vérité peut nous ouvrir les yeux, renverser nos sentiments. Comment une rencontre peut changer le cours d’une vie. Le livre de Michel Quint a été adapté en 2003 au cinéma par Jean Becker avec Jacques Villeret, André Dussolier, Thierry Lhermitte,…

Wednesday, January 18, 2006

Le Grand Don

Le principe du Grand Don est certes simple mais tellement novateur qu’il le rend attirant. Le rendez-vous a lieu tous les deux mois sur le Pont Marie à Paris. Il s’agit pour les donneurs, prévenus à l’avance, de déposer des objets (transportables par des passants à pied) qu’ils souhaitent offrir sur le rebord du pont sans que cela ne gêne le passage des marcheurs. Les donneurs abordent ensuite les passants et leur propose de prendre l’objet qui leur plaît. Le receveur devient par là même, le nouvel et officiel propriétaire de l’objet.

Quand tous les objets ont été donnés, Le Grand Don prend fin. Le concept est libre de droits et le virus est encouragé à se propager partout et par quicquonque. Le Grand Don n’a pas de gourou, de tête pensante ou de chef, chacun est libre d’en organiser un et en assume pleinement la responsabilité. Enfin Le Grand Don est légal et ne demande donc aucune autorisation. Le Grand Don n’est ni un rituel culturel, ni une brocante, ni un acte de revendication politique, artistique ou de religieux. C’est un acte de plaisir et de liberté individuelle et collective.

Attention au départ

Le train bleu et gris quitte les tunnels de l’Ouest parisien et se lance à grande vitesse sur les rails, suivant la course du soleil, pour me porter vers ma province natale et réparatrice. Parfaitement mal assise, manquant de place pour dérouler mes jambes, la joue contre la fenêtre fraîche, rien ne peut m’atteindre car tu es à mes côtés.

Je viens de te laisser sur le quai de la gare mais ton parfum chatouille encore mes narines et la chaleur de tes bras m’entoure le cœur. Je n’ai jamais aimé les départs mais la perspective délicieuse des retrouvailles futures me fait presque apprécier le pincement qui m’a serré le cœur quand j’ai vu ton visage s’éloigner. La bande son n’était pas des plus romantiques, les contrôleurs n’ont jamais des voix très sexy, mais avec ou sans violon ton sourire me ravit. Ma voisine me regarde de travers et doit se demander pourquoi je souris seule, les yeux dans le vide. Elle n’a rien compris, ce doit être une des ces femmes aigries, qui n’a jamais été amoureuse.

Moi je le suis amoureuse, de toi bien sûr ! Quelques mois d’amour déjà, un cœur qui déborde de sentiments, j’en aurais presque la nausée. Je ne pense qu’à toi, tu ne penses qu’à moi, j’ai une entière confiance en toi et je sais que tu ne me feras pas de mal. Aujourd’hui tu m’as conduite à la gare, tu me prenais la main à chaque feu rouge et tes yeux me disaient que je te manquais déjà. Tu as porté ma valise, un vrai gentleman. Certains diraient que ce sont les premiers mois, qu’après quelques temps l’homme n’accompagne plus sa dulcinée quand elle prend le train ou l’avion, mais cela m’est égal, ce soir tu étais là et je n’imagine pas que cela ait pu se passer autrement.

La nuit est en train de tomber au dehors et je ne peux plus distinguer que des silhouettes d’arbres, mais des nuages lumineux m’indiquent par moment qu’un village est proche. J’imagine alors une vie à ses gens qui vivent là, où que nous puissions être. Peut-être sont-ils des fermiers vivant une vie rude et froide. Il se peut que la femme qui vit dans l’une de ces maisons soit mariée à un homme qu’elle déteste. Elle lit peut-être des romans à l’eau de rose en rêvant de quitter la brute qui partage sa vie, en pensant à son amour de jeunesse qui la regardait les yeux pleins de promesses. Elle se dit peut-être qu’elle a gâché sa vie, qu’elle aurait dû l’épouser, même s’il n’avait pas d’argent et faisait un peu plus la fête que de raison. Ce scénario purement imaginaire me réconforte, étant sorti de mon esprit tordu et donc étant purement fictif, je peux sans honte me réjouir de vivre l’exact opposé de cette vie là.

Je vis avec l’homme que j’aime. J’ai rencontré la personne idéale, la pièce manquante à mon puzzle. Je voyage depuis dans une bulle d’amour dont je ne suis pas prête de redescendre. Quand les heures passées au travail jouent sur mon moral et que je me sens découragée, le simple fait de penser à lui m’insuffle une joie de vivre incommensurable. La seule vision des heures, des jours à venir me laisse entrevoir un bonheur et un plaisir qui sauront me combler. Il est tendre, il est attentionné, il est drôle, il me fait vraiment rire, c’est important pour moi. Il est cultivé aussi, j’adore quand il me parle de musique, de livres, c’est comme s’il avait la science infuse, comme si rien ne lui était étranger. C’est un homme passionné, parfois nous nous disputons, mais il a l’intelligence de savoir ne jamais être méchant. Il est toujours prêt à envisager le fait de faire des concessions, il prend le temps de m’écouter, il est tout simplement mature. Parfois j’ai envie de remercier sa mère pour l’avoir si bien élevé, surtout de l’avoir fait seule. De part cela il a acquit un respect immuable pour les femmes, ce qui me fascine et me plaît. Mes amies m’envient souvent, me demande de leur présenter son frère. Mais il n’a pas de frère ! Il va me manquer, mais je ne pars que quelques jours. Mon téléphone vibre dans ma poche, mon cœur se met à battre.

A peine une heure que nous nous sommes quittés et il m’envoie déjà tout son amour par sms. Merci la technologie. Je souris de plus belle, j’aimerais être dans ses bras, j’aimerais l’embrasser, j’aimerais me blottir dans son cou, le nez contre sa peau douce sentir son odeur. Je cherche comment lui dire tout ce qu’il y a dans ma tête, je colle à nouveau mon front contre le carreau pour me rafraîchir les idées.

C’est à ce moment là que la voix du contrôleur me fait sursauter, me réveille et j’entends le son d’une alarme qui m’est familière. J’ouvre mes yeux qui se posent alors au dehors, sur le béton gris d’un quai de gare où un retardataire jette de rage son sac, il vient manifestement de manquer son train. La voix annonce que le train s’apprête à quitter Paris en direction de Brest. Je suis parfaitement mal assise, manquant de place pour dérouler mes jambes, je me suis juste endormie quelques minutes. Je suis épuisée car je n’ai pas dormi cette nuit. Je pars me réfugier dans mon pays, car je n’ai plus la force de rien. Tu m’as quittée hier.

Nouvel an Indien

A l’heure où nous venons d'entrer dans une nouvelle année, l’inde et plus particulièrement la communauté Hindou partout dans le monde a, depuis le mois de novembre, déjà fêté son nouvel an. Il ne faut pas oublier que chaque civilisation a son propre calendrier et que si certains s’imaginent que le 31 décembre est une date universellement importante, pour d’autres elle ne signifie rien du tout.

Deepavali (ou Diwali), fête hindou, célèbre le passage de l’ombre à la lumière, la victoire symbolique du bien sur le mal. Elle est fêtée au début du mois de novembre en Inde et dans tous les pays accueillants des communautés hindous. Cette festivité dure cinq jours et annonce notamment le passage à la nouvelle année. Le jour de Deepavali, les gens se lèvent tôt dans la nuit, prennent un bain d’huile et se parent de leurs plus beaux vêtements achetés pour l’occasion. Les maisons sont décorées et illuminées avec des lampes à huiles, ce qui explique pourquoi on l’appelle la Fête des Lumières. Allumer des lampes est aussi un façon pour les hindous de remercier les dieux pour les bonnes choses dont ils ont bénéficié durant l’année passée. Les pétards et feux d’artifice font partie intégrante du festival et les familles se retrouvent entre elles pour partager les repas et jouer aux cartes. De multiples divinités sont mises à l’honneur pendant cinq jours, Laksmi, la déesse de la prospérité, Kali la déesse de la force,…

Pour la communauté Jain, Deepavali marque l’arrivée de la nouvelle année. En effet, le fondateur du Jaïnisme, Lord Mahavira aurait atteint le Nirvana ce jour là. Pour la communauté Sikh, cette fête célèbre le retour du Guru à Arimtsar au 17ème siècle après avoir été emprisonné par l’empereur avec 52 rois hindous. De multiples communautés et religions font du peuple indien un joyau de multiplicité. Deepavali fait partie des fêtes les plus importantes du pays. Alors, Happy Diwali avec un peu de retard.

Les soeurs fâchées

L’histoire : Louise est esthéticienne au Mans. Elle monte à Paris pour quelques jours le temps d’un rendez-vous professionnel et loge chez sa grande sœur Martine, riche et stylée parisienne. La spontanéité et la candeur de Louise vont vite faire émerger chez Martine un agacement puis une agressivité cruelle. Comment deux personnes peuvent faire ressortir le meilleur ou le pire chez l’autre… Classé au rayon « comédie », les raisons de ce choix m’échappent.

Ce long métrage qui met en scène Isabelle Huppert, Catherine Frot et François Berléand, n’a rien du film léger que l’on va voir en famille le lendemain de Noël. On peut déplorer le côté caricatural des personnages qui manquent parfois de subtilité : la provinciale qui monte à Paris, la parisienne oisive et méprisante. En revanche ceci permet de pousser les émotions à l’extrême et de faire émerger le thème principal du film selon moi : l’effet miroir. Martine a beau tout avoir, elle est malheureuse et le face à face avec sa sœur ne fait que mettre en évidence une fragilité et une aigreur quant à la vie qu’elle mène.

Le film dérange en ce sens qu’il ose montrer le côté sombre de la souffrance et son effet sur les autres : le mal être de Martine la rend méchante et agressive. Elle n’hésite pas à faire souffrir sa sœur pour se sentir moins mal, c’est en cela que le film est violent. Ainsi, si quelques rires se sont régulièrement fait entendre dans la salle lors de la projection, j’ose croire qu’ils étaient plus le fait d’une gêne mal dissimulée qu’une réaction au comique des images. Le film laisse un arrière goût amer et glauque pour peu que l’on se soit reconnu dans l’un ou l’autre des personnages mais au final il laisse une trace et c’est vraisemblablement un des critères qui détermine si un film est ou non réussi.

Quand Bollywood rejoint l'Europe

Quand Bollywood rejoint l'Europe

Plus aucun doute là dessus, l’industrie Bollywoodienne sort de l’ombre et entre de plein pied dans notre filmographie occidentale...

Pour preuve « Coup de foudre à Bollywood », dernière production du réalisateur Gurinder Chada (« Joue-la comme Beckham »), sortie en décembre 2004 sur les écrans et plus récemment en DVD. Un site Internet à son nom pour une promotion en bonne et due forme, une tête d’affiche familière composée d’une ex Miss Monde Aishwarya Rai et d’Anupham Kher notamment, tous deux étant des acteurs très populaires en Inde. Le titre original est « Bride and Prejudice » (épouse et préjugé), clin d’œil au roman de Jane Austen « Pride et Préjugé » (Orgueil et Préjugé).

L’histoire coule presque de source : une famille, 4 filles, un mère à la recherche du gendre idéal… Si l’entreprise s’avère facile pour la première d’entre elles, il en est autrement pour la seconde sur la liste qui rebute à épouser les prétendants qui se pressent à sa porte. Intrigues amoureuses et coutumes vont devoir faire bon ménage. Choc des cultures, place de la tradition dans la société actuelle, mariage forcé et libre arbitre sentimental, vision caricaturale de l’Inde,… tels sont les thèmes abordés dans le film.

Mais où situer ce film entre le Bollywood classique et kitsch et le film occidental avec juste un soupçon d’exotisme ? Le réalisateur souhaite-il faire découvrir sa culture aux spectateurs occidentaux ? prend-il réellement ce risque d’ailleurs ? Le film n’est-il pas plutôt qu’une bonne vieille comédie anglaise comme on les aime mettant simplement en scène une des communautés les plus représentées en Grande-Bretagne ? Réponse un peu plus tard...

Salsa attitude

Born Romantic, c’est le film anti-dépresseur par excellence. C’est la comédie romantique anglaise qui met du baume au cœur.

L’histoire : Fergus débarque à Londres pour chercher une femme qu’il a quitté il y a 8 ans et qu’il n’arrive pas à oublier. Le chauffeur de taxi qui le ramène de l’aéroport deviendra le personnage central, bien que très effacé, du film. C’est l’histoire de trois hommes qui cherchent à séduire trois femmes, chacun d’une façon différente, mais non sans difficultés. Un club de Salsa où tout le monde se retrouve sans se connaître, un taxi qui transporte les uns et les autres et dont le chauffeur fait office de confident.

Des personnages touchants, sensibles car très humains… L’humour british en sus et le résultat est un petit bijou. Pas de tortures émotionnelles, de prises de tête existentielles, de vulgarité gratuite, juste la vie de tous les jours…

Ces hommes qui ont peur de s'engager

Ces hommes qui ont peur de s'engager

Que veut dire au juste le mot engagement ? Le dictionnaire nous en donne la définition suivante : « Promesse formelle, acte par lequel une personne s'oblige volontairement ; obligation qui en résulte ».

Un constat alarmant

Il suffit d’aller faire un tour sur les forums de discussion, sur les sites Internet qui parle de psychologies ou qui parle aux femmes, il suffit d’écouter les témoignages de femmes qui nous entourent, de lire la presse, de regarder les émissions à la télé, nombreuses sont les plaintes faites aux hommes qui ont peur de s’engager. Deux américains en ont même fait un livre « Ces hommes qui ont peur d’aimer », best-seller outre-atlantique au même titre que Mars et Vénus et ouvrage qui est à l’origine de séminaires d’aide psychologique et de thérapies individuelles ou de couple. De plus en plus de femmes sont confrontées à un homme qui après quelques semaines ou quelques mois de bonheur prend ses jambes à son cou dés qu’il s’agit d’officialiser la relation que ce soit par l’évocation de la vie commune ou une simple discussion sur l’avenir du couple. Parfois même, après des semaines de séduction intensive, la femme s’étant laissé prendre au jeu et la relation débutant, l’homme y met un terme laissant sa partenaire désemparée et aux prises avec une totale incompréhension. Tels sont les témoignages fréquents de femmes qui ne savent plus comment faire pour mener une relation sécurisante et qui ne savent plus comment agir avec les hommes. Phénomène de société ? Paranoïa féminine ? On est en droit de s’interroger sur un état de fait qui plonge peu à peu les femmes dans une méfiance vis à vis du beau sexe et qui nous promet une génération entière de célibataires.

Plusieurs typologies de phobique de l’engagement

J’ai choisi de définir quelques portraits types de l’homme qui a peur de s’engager : Le légèrement touché qui ne demande qu’à se guérir, le phobique réel qui n’a aucune prise sur son mal et le résigné qui évite d’être face à l’objet de sa phobie. Je préciserais néanmoins que les degrés de réticence à l’engagement sont au moins aussi nombreux que les hommes sur terre.

Certains hommes éprouvent une difficulté à prendre des décisions quel que soit le domaine. Il peut s’agir du choix d’une voiture, d’un lave-linge ou du fait de se mettre en couple. Dans ce cas précis, l’homme est en proie à un manque de confiance en lui qui l’empêche de justifier ses choix par le fait qu’ils émanent de lui. Cet homme n’a tout simplement pas confiance en son jugement, ses choix lui paraissent toujours erronés, c’est pourquoi il rebute inconsciemment à s’engager de quelque manière que ce soit, mais surtout sur le plan sentimental.

D’autres hommes sont sincèrement attirés par des femmes et sont capables de mettre une énergie phénoménale dans la séduction. Mais une fois l’objet de la convoitise acquis, après avoir passé des moments agréables et même dans le cadre d’une relation qui se déroule parfaitement bien, l’homme décide subitement de rompre, provoquant l’étonnement de sa compagne qui ne comprend pas pourquoi après lui avoir tant couru après, il met fin à cette histoire. Dans certains cas, l’homme a beau être amoureux et heureux avec sa moitié, il décide de rompre et de renoncer à poursuivre la relation. L’impact sur la femme est important, elle n’a pas d’explications, se culpabilise et se demande quelles erreurs elle a pu faire. Ces hommes n’ont pas conscience que leur comportement est dicté par un problème plus profond, ils pensent simplement ne pas avoir trouver la bonne personne. Certains hommes vont plus loin en donnant une image des plus négatives d’eux même afin de dégoûter la femme et d’être sûre qu’elle ne cherchera pas à le récupérer. Pour certaines hommes le blocage est tel qu’il joue sur le physique et peut anesthésier le désir sexuel voire même l’érection.

Certains hommes enfin, ont pleinement conscience de leur incapacité à s’engager et mènent leur vie en célibataire avec une certaine résignation. Ils se disent incapable d’aimer quelqu’un, de ressentir un sentiment amoureux. Même s’ils sont conscients de leur état, ils ignorent parfois les causes profondes de cette difficulté et en occultent les causes probables. Ils vont inconsciemment tenir les femmes à l’écart et se rendre le moins disponible possible. Ils ne sont pas à l’abris de sentiments ou d’attirance pour une femme mais n’entreprendront aucune démarche pour l’aborder tant leur refus de l’engagement est ancré en eux ou mettront rapidement fin à la relation tant elle les met mal à l’aise.

Que se passe t-il dans leur tête ?

Tout le monde sait que le meilleur moyen de surmonter une rupture est d’avoir un minimum d’explications, de comprendre ce qui a poussé l’autre à prendre cette décision. Dans le cas d’une rupture « normale », sont en cause le manque de sentiments, l’incompatibilité, les disputes fréquentes et même si cela est douloureux, la personne délaissée comprend ce qu’il est en train de se passer. En revanche, quand la relation se passait normalement, que les sentiments étaient là et que rien ne vient justifier la rupture, que l’homme a pris la fuite sans un mot pour expliquer sa décision, les conséquences sur la femme peuvent être désastreuses, dégradation de son image, perte de confiance en elle, culpabilisation,… Il est alors intéressant de chercher à comprendre ce qui peut se passer dans la tête d’un homme au moment où il prend ses jambes à son coup. Il n’en est d’ailleurs souvent lui-même pas conscient.

La cause du processus qui le pousse à agir ainsi est en majeure partie la peur. Ce sentiment prend possession de son être et la fuite est le meilleur moyen de s’en libérer. Cherchant à fuir la situation qui provoque cette panique chez lui, l’homme décide de rompre, quitte à le regretter. La relation le met face à des obligations, face à lui-même, face à ses propres besoins et cela lui est insoutenable.

D’où vient cette peur ?

Les causes de la phobie de l’engagement sont multiples. Elles sont psychologiques, traumatiques mais également générationnelles. L’être humain se construit au sein d’une famille, il côtoie des hommes et des femmes dés sa plus tendre enfance et ses rapports au sexe opposé seront en grande partie déterminés par les relations qu’il entretient avec ses parents. Le fait de pouvoir s’engager dans une relation sera alors fonction de plusieurs critères, la confiance en soi, la sécurité intérieure, la capacité à être disponible pour quelqu’un, la capacité à donner de soi, à aimer et à être aimé, mais également la confiance en l’autre. Prenons l’exemple d’un petit garçon qui a été abandonné par sa mère dans son jeune âge. Le traumatisme sera tel qu’il sera porté à rechercher toute sa vie une femme dont il sera sûr qu’elle ne partira pas. L’angoisse d’un second abandon sera tellement forte qu’à chaque fois qu’il sentira monter en lui des sentiments pour une femme et donc une certaine dépendance, il préfèrera fuir plutôt que de risquer de souffrir à nouveau si la femme venait à le quitter.

Prenons le cas d’un homme dont la mère a toujours eu une emprise, même subtile, sur lui. Une mère qui a étouffé son enfant par un trop plein d’affection, par de la surprotection, par une ingérence dans sa vie personnelle. Cet homme devenu adulte aura tendance à vouloir conserver une certaine liberté et surtout toute femme sera une potentielle nouvelle mère, avec tout le danger que cela comporte : Etre étouffé, être manipulé, être coincé. Dés qu’une relation deviendra sérieuse, il n’aura qu’une envie, se sauver pour ne pas se sentir pris au piège. Les causes ne sont pas toujours aussi claires et extrêmes mais l’effet sur l’homme adulte est toujours sensiblement le même, la peur de revivre une situation douloureuse ou traumatisante. De la même façon, les premières relations amoureuses et notamment une expérience malheureuse pourront être déterminantes dans la vie sentimentale de l’homme. Une infidélité, une rupture, viendront soit renforcer les névroses déjà existantes soit creuser des blessures qu’il sera difficile de panser par la suite et que chaque nouvelle relation viendra rouvrir.

Enfin le rôle de la femme n’est pas négligeable dans l’évolution des rapports avec les hommes. Il ne faut pas laisser de côté un élément déterminant dans le choix d’un partenaire : Une femme est attirée par un homme qui comblera potentiellement ses besoins, mais les inconscients se parlent à notre insu et une femme qui choisit un homme mal à l’aise dans son intimité et en général un phobique de l’engagement peut se poser des questions quant à son propre désir d’engagement. En effet, une phrase dit : « Aimer c’est donner la possibilité à l’autre de nous faire souffrir », l’amour rend vulnérable, l’amour renvoi à notre peur originelle de l’abandon, il est alors compréhensible que le couple soit synonyme de souffrance potentielle et qu’il soit si anxiogène. C’est pourquoi certaines femmes qui se plaignent de ne rencontrer que des hommes qui ont peur de s’engager, réalisent à la faveur de psychothérapies qu’elles-mêmes sont victimes de cette peur et qu’elles ont naturellement été attirées par des hommes qui ne représenteraient pas un danger pour elles.

Enfin, un féminisme parfois extrême et une volonté pour toute une génération de femmes de s’affranchir enfin de l’emprise des hommes a donné lieu à des abus de toutes sortes. Une envie inconsciente de se venger de leurs pères, des hommes en général a poussé certaines femmes à faire de leurs fils des anti-macho, des hommes à l’image d’elles-mêmes. Ceci partant pourtant d’un bon sentiment, elles n’ont pas réalisé les conséquences que pouvaient avoir leurs actes. Cette génération d’hommes élevés par des femmes indépendantes et assoiffées de revanche, se posent aujourd’hui la question de leur légitimité, de leur place dans la société. Comment assumer sa virilité quand celle-ci est perçue comme un danger pour la femme ? Comment rester un homme sans passer pour un machiste ? Comment garder sa place d’homme dans une société où la femme tend à devenir son égal ? Ces hommes ont alors vite fait de tomber dans des schémas excessifs. D’un côté le carnassier, mangeur de femmes, séducteur à outrance et sexiste, qui par sa peur des femmes en vient à ne plus la respecter. L’utiliser devient un moyen pour lui de s’en protéger. De l’autre, l’homme « moderne », qui assume une certaine part de féminité, qui tend à devenir un homme-femme pour ne pas dénoter et s’éviter les foudres de féministes qui voient en chaque soupçon de testostérone l’ombre du patriarcat et du machisme. Tout ceci tendrait donc à expliquer la recrudescence de la phobie de l’engagement.

Que faire face à un homme qui a peur de s’engager ?

Avant toute chose, il est important d’identifier ses besoins et ses attentes au sein d’un couple. Connaître et assumer ses désirs est le meilleur moyen de rencontrer les bonnes personnes et de fuir celles qui seront susceptibles de nous faire souffrir. Si une femme est consciente de son envie de s’engager dans un couple solide et durable avec un homme rassurant et sûr de ses choix, elle sera plus à même de repérer les phobiques de l’engagement rapidement et fuira ce type de relations dans lesquelles il faut se battre avec les démons de l’autre et avec ses propres frustrations. Dans la même optique, il faut apprendre à se nourrir soi-même et à ne pas attendre de l’autre qu’il comble nos moindres manques, qu’il efface et panse nos blessures. Apprendre à vivre seule, à être indépendante affectivement permet de nouer des contacts plus enrichissants avec l’homme que nous rencontrons. Nos attentes sont moins fortes et il le ressent. Il se sent alors moins en danger et peut prendre le temps de s’habituer à l’idée du couple sans se sentir pressé, jugé ou coincé. Face à une phobique de l’engagement, il ne faut pas être tentée de jouer les psy et il faut trouver la force de mettre un terme à la relation si celle-ci n’est pas satisfaisante ou surmonter la fuite de l’homme en ne cherchant pas à le récupérer. S’il doit revenir, il reviendra quand il aura compris ce qu’il a perdu. S’il doit entreprendre un travail sur lui, il ne faut pas oublier que la phobie de l’engagement est une vraie névrose, il le fera de lui-même au moment où il se sentira prêt et uniquement s’il en ressent le besoin. Ne perdez pas d’énergie dans une lutte contre plus fort que vous. Tâchez de ne pas vous remettre en cause et de ne pas vous dévaloriser.

En revanche, s’il tient à la femme de se protéger, l’homme n’est pas pour autant libre d’agir comme il le souhaite et il doit avant toute chose réaliser que son comportement est loin de n’engager que lui. Prendre la fuite pour se préserver et se protéger est une chose mais il faut comprendre qu’en face, se trouve une femme, avec un cœur. Monsieur, si la rupture a sur vous un effet apaisant et sécurisant, elle a en revanche un effet terrible sur la femme. Celle-ci se retrouve seule face à ses questions, sa souffrance et ses peurs. Il lui faudra du temps pour se remettre d’une telle expérience. Réfléchissez avant d’entamer une relation, ne promettez pas à une femme ce que vous ne pourrez pas lui donner, n’agissez pas de façon égoïste. Si vous n’êtes pas prêt et si vous sentez que vous ne serez pas capable de rester longtemps avec quelqu’un et même si cette personne vous plaît, abstenez vous, vous lui feriez trop de mal en lui retirant quelques temps plus tard, ce que vous avez commencé à lui donner.

Comment sortir de l’impasse ?

La situation actuelle n’est pas incurable, chaque sexe ayant son rôle à jouer. Dans le cas de la phobie de l’engagement, les causes sont identifiables et identifiées. Charge à l’homme concerné d’en prendre conscience, d’admettre son « problème ». Charge à la femme de ne pas lui jeter systématiquement la pierre et de comprendre d’où vient cette peur. Si la femme sait trouver les mots justes, si elle sait rassurer l’homme, ne pas attendre de lui ce qu’elle devrait savoir se donner à elle-même, s’il sait comprendre et assumer son besoin de liberté ; Si l’homme exprime ses émotions, ses peurs, ses doutes, s’il apprend à communiquer, s’il met son orgueil de côté, il fera la découverte de l’immense empathie de la femme, de sa capacité à entendre, à écouter et à comprendre. L’homme pourra alors ne plus craindre de s’engager. Et puis qu’est ce que l’engagement au fond ? Le couple n’est plus une prison, chacun est libre de partir, au moment où il le souhaite, nul n’est tenu d’aimer toute une vie. Messieurs, la femme vous demande de lui être fidèle, de la respecter, de lui faire confiance, d’être sincère,… ? Au fond tout ce qu’elle vous demande c’est de lui montrer que vous l’aimez,… de l’aimer tout simplement. Alors n’ayez plus peur !

Tuesday, January 17, 2006

Mesdames et Messieurs : Franck Monnet

Franck Monnet est un poète. Avec lui on plonge dans la langue française avec un immense plaisir, on en découvre ses subtilités, son rythme, sa mélodie, on s’y complait. Cet auteur compositeur interprète a fait son chemin tranquillement mais sûrement. En 1998, il sort son premier album Playa. Suivront en 2000 les Embellies et plus récemment Au Grand Jour sorti en octobre 2004, un petit bijou.

Du 22 au 25 mars dernier 2005, il jouait à l’Européen, l’occasion pour ceux qui ne le connaissaient pas, de découvrir l’homme à l’œuvre et pour les aficionados d’apprécier la présence scénique de Franck Monnet et la qualité d’une prestation toujours renouvelée. Accompagné sur quelques morceaux par Sébastien Martel ou M, il a ravi un public dans une ambiance totalement intimiste. La musique de Franck Monnet est plutôt pop, parfois jazzy, toujours originale. Ces textes racontent des histoires, des aventures humaines la plupart du temps. Multitude d’instruments, de sons bien sentis, d’univers musicaux magiques, d'arrangements délicats. Ecouter un album de Franck, c'est comme partir en voyage.

On en ressort la tête pleine de souvenirs et l’âme apaisée. Mention spéciale (...ment subjective) à l'Orgue Hammond. Je ne m'en lasse pas.

Feist : une artiste venue du froid

Feist : une artiste venue du froid

Un faux air de Patty Smith, la jolie Feist nous transporte dans un univers bien à elle. Des inspirations musicales, elle en a, certes, mais difficile de les citer tant elles sont multiples et variées. Elle appartient au collectif canadien Broken Social Scene au sein duquel elle côtoie notamment Metric, elle fût punk dans sa prime jeunesse. Elle s'est ouverte comme une fleur pour nous livrer son deuxième album "Let it die"

Feist c’est intemporel et léger, c’est frais et pur, c’est intimidant et doux. Au carrefour entre le blues, la soul, le jazz et la pop… Les mots sont inutiles, je vous invite à la découvrir de toute urgence.

Son album « let it die »

Son site http://feistmusic.artistes.universalmusic.fr

Paper bag

Paper Bag - Fiona Apple

I was staring at the sky, just looking for a star

To pray on, or wish on, or something like that.

I was having a sweet fix of a daydream of a boy

Whose reality I knew, was a hopeless to be had.

But then the dove of hope began its downward slope

And I believed for a moment that my chances

Were approaching to be grabbed.

But as it came down near, so did a weary tear.

I thought it was a bird, but it was just a paper bag.

Hunger hurts, and I want him so bad, oh it kills

Cuz I know I’m a mess he don’t wanna clean up.

I got to fold cuz these hands are too shaky to hold.

Hunger hurts, but starving works, When it costs too much to love.

And I went crazy again today, looking for a strand to climb

Looking for a little hope.

Baby said he couldn’t stay, Wouldn’t put his lips to mine

And a fail to kiss is a fail to cope.

I said, ‘Honey, I don’t feel so good, Don’t feel justified.

Come on put a little love here in my void,’

And he said ‘It’s all in your head,’

And I said, ‘So’s everything’ But he didn’t get it.

I thought he was a man But he was just a little boy.

Traduction

J’étais en train de scruter le ciel

Et de chercher une bonne étoile

Pour la regarder et faire un vœux

Ou un truc du genre Je me faisais un bon trip

En rêvassant à un garçon qu’en réalité je n’avais aucune espoir d’avoir

A ce moment là, la colombe de l’espoir amorça sa descente

Et j’ai cru l’espace d’un instant que mes espoirs allaient aboutir

Mais au fur et à mesure qu’elle s’est rapprochée

Les larmes sont venues car je pensais que c’était un oiseau

Mais ce n’était qu’un morceau de papier

Le désir fait mal et je le désire tellement que cela me tue

Parce que je sais que je suis un désordre qu’il n’a pas envie de ranger

Je dois m'y résigner car ses mains tremblent trop pour pouvoir me tenir

Le désir fait mal mais on supporte d’être affamé quand cela coûte trop d’aimer

J’ai pété les plombs aujourd’hui

J’ai cherché à me raccrocher à quelque chose, j'ai cherché un semblant d’espoir

Chéri m’a dit qu’il ne pourrait pas rester, qu’il ne poserait pas ses lèvres sur les miennes

Et ne pas embrasser c’est ne pas faire face, je lui ai dit « mon ange, je ne me sens pas bien,

Rien ne justifie tout ceci, viens mettre un peu d’amour dans le vide qui m’habite »

Il m’a dit « Tout est dans ta tête »

Et j’ai dit « Comme tout le reste »

Mais il n’a pas compris

Je pensais que c’était un homme mais c’était juste un petit garçon