Friday, November 17, 2006

Humeur d'un jour


La douceur et la fragilité, la méfiance et le retrait, la maturité et la naïveté, la blessure qui ne s'exprime pas, la femme enfant...
La jeune fille à la perle - Jan Vermeer

A la faveur de l'automne

Dimanche matin, la pluie sur le carreau vous réveille... Vous jetez un oeil au dehors, le ciel est gris, les arbres tanguent sous le vent et le froid vous fait frissonner à travers les interstices de la fenêtre. Vous vous levez, vous faitez chauffer de l'eau pour un thé et faites griller du pain. Le ventre plein, vous migrez de la cuisine au salon, une deuxième tasse de thé à la main, vous allumlez quelques bougies, un bâton d'encens, quelques lampes ça et là...

Vous vous dirigez vers votre stock de CD, cherchant celui qui donnera le ton juste à cette journée de farniente. K's Choice, "Almost Happy", ce pop folk vous plongera dans la douce torpeur de l'automne. A l'image de la saison, la musique de K's Choice est mélancolique, dépouillée et authentique.

Le mode repeat activé, vous pourrez réduire votre territoire à votre canapé, enroulé dans un plaid en polaire, en bonne compagnie de préférence. L'envie de prendre l'air vous poussera au dehors, le temps de constater la désolation du paysage, les feuilles tapies sur le sol, les rues désertes et les boutiques ferlées. Le plaisir de rentrer au chaud, n'en sera que plus grand. En regardant la nuit omber, vous vous étourdirez de musique en tardant à vous mettre au lit, histoire de prolonger de quelques instants, cette parenthèse feutrée.

Moi, j'aime l'automne...

Thursday, November 16, 2006

Un peu de poésie

Je ne suis pas spécialement adepte de poésie mais ce poème de Baudelaire est particulièrement beau et qui plus est, de circonstance au moment où nous sortons de l'automne pour plonger dans l’hiver.

« Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres. Adieu, vive clarté de nos étés trop courts. J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres, le bois retentissant sur le pavé des cours. Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère, haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé. Et, comme le soleil dans son enfer polaire, mon cœur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.

J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe, l'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd. Mon esprit est pareil à la tour qui succombe, sous les coups du bélier infatigable et lourd. Il me semble, bercé par ce choc monotone, qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part . Pour qui ? - c'était hier l'été ; voici l'automne. Ce bruit mystérieux sonne comme un départ, j'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre. Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer. Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre, ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre cœur ! Soyez mère, même pour un ingrat, même pour un méchant. Amante ou sœur, soyez la douceur éphémère, d'un glorieux automne ou d'un soleil couchant. Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide. Ah ! Laissez-moi, mon front posé sur vos genoux. Goûter, en regrettant l'été blanc et torride De l'arrière-saison le rayon jaune et doux »