Thursday, March 6, 2008

Jusqu'où peut aller la publicité ?


1130159325.jpgEn tant que quasi trentenaire, parisienne, CSP plutôt +, travaillant dans les médias, j'ai une tendance naturelle à être plutôt ouverte en terme de communication, d'image, de média, de culture. Je suis rarement choquée ou interloquée par les publicités que je vois dans les magazines, à la télé ou sur internet. Je les trouve plutôt créatives drôles, parfois décalées mais rarement repoussantes. Pourtant je suis tombée ce matin sur une pleine page dans un magazine qui a retenu tout mon attention et m'a poussée à me poser des questions sur les codes et analogies utilisés par certains publicitaires dont les cerveaux accouchent de concepts prétentieux, foireux et je le découvre aujourd'hui, glauques et violents.

L'objet de mon énervement est la campagne pour les sacs et bagages de la marque Eastpak qui, sous le prétexte de faire passer un message fort d'amour de la vie (pour les humains) et de résistance (pour ses sacs), nous sert depuis plus d'un an une communication macabre. On y voit des Morts-Vivants, plutôt souriants et triomphants, arborants un badge "I love Life". La plupart de ces personnages sont représentés dans leur habit quotidien et on devine pour la plupart qu'ils sont morts dans le cadre de leurs activité et de façon accidentelle ou violente. Chacun porte un élément de la gamme Eastpak, qui semble avoir résisté à ce qu'a subit son propriétaire. Le message est évidemment très clair, les sacs Eastpak résistent à tout, même à la mort.

"Original" me direz-vous! Ca change, ils osent, au moins on retient la publicité et par la même occasion le nom de la marque, etc... Oui mais voilà, moi je ne vois pas les choses comme ça ! Parce que nous vivons dans un monde violent et difficile. Nos yeux sont sans cesse les témoins d'injustices et d'atrocités réelles. Que certaines personnes aient envie de voir des images ou des films d'horreur, je n'ai évidemment rien contre, ils le font sciemment, en adulte et ne les imposent pas aux autres.

Mais quand je me balade dans Paris, que je feuillette un magazine un mercredi ensoleillé ou que je prends le métro, la dernière chose dont j'ai envie, Messieurs Mesdames les DA, c'est de voir des corps ensanglantés et de morts vivants au sourire Ultra Bright.

Quitte à passer pour une jeune réac, j'admets que je n'ai aucune envie d'afficher ces images sur mon blog, mais voici le lien vers ces fameuses publicités. Certains trouveront peut-être que j'exagère car toutes les versions de cette campagne ne sont pas si macabres, d'ailleurs celles qui sont linkées ci-dessous ne sont pas les pires mais celle qui a inspiré cette note n'est pas encore disponible en ligne car très récente. Elle montre un pilote et une hôtesse de l'air, aux vêtements tachés de sang, avec leur bagages à la main. Qui dit mieux?!

Image numéro 1

Image numéro 2

Image numéro 3

Image numéro 4

Image numéro 5

1 comment:

  1. Eastpack cherchait surtout à surfer sur la mode des zombis.
    Je pense que c'est plutôt sur cette analogie là qu'il faut se pencher.
    Dans les films de Romero, tuer un zombi est d'une grande difficulté, coupez lui les jambes, les bras, mettez lui une balle dans le coeur, il continuera à vous pourchasser.
    C'est ce côté "intuable" du zombi que la marque de sac a voulu retransmettre.

    Donc, pas de soucis à se faire, c'est juste une private joke un peu à la mode. De là à établir une supériorité du sac par rapport à l'humain...

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