Tuesday, May 19, 2009

Si Nietzsche était sur Facebook, il préférerait qu’on l’ajoute comme ennemi


Interrogé sur le blog philosophie de Libération, un essayiste répondant au nom de Luis de Miranda, donne sa vision du réseau social. 

Pour lui Facebook est "en direct, une expérience belle, tragique et douloureuse" dans  laquelle des êtres profondément différents voire oppposés, telle est la nature humaine, cherche une résonnance à eux-mêmes, cherchent leurs doubles.  Je cite l'auteur "Facebook exhibe plus que de raison notre vain effort pour trouver notre monstre frère, alors que les chances pour rencontrer quelqu'un qui soit structuré comme nous sont plus infimes que celles, pour la France, de remporter l'Eurovision". 

Luis de Miranda explique que la population est divisée entre ceux qui sont à la recherche de similitude chez l'autre et ceux qui ont compris "cette solitude humaine radicale". Pour lui ces gens là "ne cherchent plus leur double composite, mais plutôt à transformer les autres structures, par influence. A rendre l'autre un peu plus proche de soi, en attaquant point par point son édifice." Comment ? En diffusant ses goûts à large échelle via des vidéos, des top 5, des status, tout ce qui fait notre identité et notre expérience. Mais le procédé est illusoire car il est impossible de faire durer cette influence dans le temps. L'autre est ce qu'il est, tout comme nous le sommes.

"Sommes nous condamnés à être seuls et à chercher la fiancée de Frankenstein ?" se demande l'auteur. Pas pour lui, il suffirait juste d'entreprendre la démarche inverse, c'est à dire en acceptant d'interagir avec des structures totalement différentes de la nôtre. Cela peut passer par exemple par le fait de ne diffuser, sur Facebook, que des contenus que l'on n'aime pas. Ou alors en utilisant le réseau social comme laboratoire de nouvelles pratiques ou de nouvelles valeurs...

Ainsi, "si Nietzsche était sur Facebook il préfererait qu'on l'ajoute comme ennemi. Moins pour être haï que pour être surpris".


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