
JJ Abrams est un Dieu. Mieux, son équipe « Bad Robot » à l’origine (entre autres) de LOST est assurément la dream team ultime. Star Trek, le dernier braquage du petit groupe de geeks cools new age est une bombe phénoménale offrant un spectacle total et magistral.
Lorsque l’on apprend il y a deux ans que JJ Abrams est en train de relifter la saga culte de SF, Star Trek on est un brin sceptique. Quoi ? Le retour de l’USS Enterprise et son équipage en pyjama de nylons ? Oh non ! En effet depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Star Wars a régné en maître sur le genre, George Lucas nous a servi sa nouvelle trilogie, les opus Star Trek précédents ont tous flirté avec le zéro absolu… bref que du litigieux.
Mais nous restons tout de même sur nos gardes. En effet, on se remémore surtout que JJ Abrams est à l’origine de LOST (entre autres), que son Mission Impossible 3 a clairement été le meilleur opus de la saga revenant aux sources de la série tout en empreintant aux séries du monsieur telles que Alias. On se dit aussi que l’an dernier, JJ était à la tête de Cloverfield réalisé par Matt Reeves et qu’il a dépoussiéré le film catastrophe dit « de monstres ».
Alors pourquoi JJ nous décevrait-il ? Et a t- on réellement envie de revoir Spock et sa bande sur grand écran sans frôler l’ennui ? Réponses rassurantes dès les premières minutes avec une plongée dans les origines de la famille Kirk sur fond de guerre spatiale… puis inquiétudes totalement désamorcées lorsqu’en plein Iowa du futur, le jeune Kirk déboule à fond de balle sur les bords des falaises de ses campagnes sur fond explosif de Sabotage des Beastie Boys. Le sourire en coin, le spectateur se feint d’un sourire jouissif et d’une excitation qui l’envahit petit à petit.
Cette excitation ne désémplira pas durant 2h10. Mieux, elle ne fera qu’augmenter laissant la salle sur le carreau en fin de bobine. Car oui, cette nouvelle version de Star Trek est un lifting high tech et explosif. Un bon coup de poing dans la gueule. Une baffe survitaminée au genre. Une exposition remarquablement réjouissante doublée d’un spectacle SF démentiel.
JJ Abrams est un Dieu. Un filou, très très fort qui a tout compris sur tout. En liftant la saga qui a bercé son enfance, JJ réalise un coup multiple : Il dépoussière la saga en la réactualisant, il y intègre un humour ultra relax et bien senti qui frappe fort, des scènes d’action monumentales collées à des jolis morceaux de bravoure (même si l’on sent qu’il pourra assurément mieux faire et en plus nombreux dans les suites déjà en chantier), il rend hommage aux classiques (Star Wars, Star Trek d’origine…), et à ses propres créations (LOST, Cloverfield…)
Mais surtout, il livre non seulement un vibrant hommage archi fidèle au matériel originel mais se paie également le luxe de réinventer ses propres codes pour un spectacle qui plaira autant aux fans qu’aux profanes !
Via une réalisation dynamique et sophistiquée, un montage redoutable rythmé avec virtuosité, un scénario sans temps mort alliant SF, aventures, mythologie Star Trek revival, humour désopilant, clins d’yeux en pagaille, B.O du tonnerre remaniant même le thème original en guise de générique ultime, JJ Abrams domine son bébé et confectionne une ogive nucléaire pour l’envoyer péter à la tronche de tous. Et ça fonctionne !
Star Trek est aussi l’occasion de découvrir les personnages cultes rajeunis et new look dont chaque interprète résonne comme une évidence. Ainsi le méconnu Chris Pine s’impose comme un Jim Kirk cool et casse cou, Zachary Quinto rivalise en Spock d’une logique imparable. La suite du cast est un vrai festival : John Cho en Sulu est touchant, l’impayable Checkov incarné par un Anton Yelchin mémorable (bientôt en Kyle Reese dans T4), Karl Urban campe un McCoy bourru et névrové, le déjanté Simon Pegg rend à Scotty ce qui appartient à Scotty, Zoe Saldana rivalise de charme en Uhura tandis que Eric Bana culmine en bad guy méchamment barré dans la peau de l’impitoyable Nero.
JJ Abrams connaît du monde et aime les participations. Ainsi, Ben Cross et Winona Ryder jouent ici les parents de Spock, Bruce Greenwood en commandant Pike trouve un vrai rôle depuis longtemps tandis qu’en bon fan de séries tv il fait appel à Jennifer Morrisson (Dr House) pour jouer le « petit » rôle de la mère de Kirk… et bien entendu LA surprise du long métrage : Leonard Nimoy ! Le Spock d’origine qui du haut de ses presque 80 ans, retrouve la peau de son personnage légendaire. Cette fois, comme on l’a souvent répété dans les tabloïds people, nulle question d’un caméo basique. C’est une participation au service du scénario, qu’offre Abrams à son idole. Quoi ? Deux Spock en un film ? Oui mais chuuuuuut gardez la surprise !
Au final, Star Trek made in Abrams est une impériale et franche réussite. Un cocktail survitaminé de rebondissements, d’action et de pure SF à tomber par terre doublé d’un hommage vibrant et d’un violent lifting bienvenu !
Au-delà de toutes les espérances, Star Trek culmine, frappe fort et s’avère aussi divertissant qu’intelligent. Un épisode d’ouverture phénoménal dont on attend bien évidemment une suite rapidement afin d’en mesurer la pleine puissance car bon nombre de choses sont encore à exploiter !
On en rêvait. JJ Abrams l’a fait…et d’une bien belle manière. Champagne !
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