Souvenir : EMB
L'Espace Michel Berger, EMB pour les intimes, est une petite salle de concert à Sannois, une petite ville dans le 95. Le programme y est toujours de bon goût, l’accueil chaleureux et l’ambiance sympathique.
Jeudi 13 octobre 2005, 20h30 : dans le cadre du festival Voix / Publics, l’EMB accueillait deux artistes de la chanson française : Bertrand Belin et Albin de la Simone.
Bertrand Belin est un guitariste hors-pair et breton. Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose mais il a fait ses classes avec des grands comme Benabar ou Néry. Son album solo est sorti au début de l’année 2005 porté par les trois « f » de Télérama et une presse plutôt conquise. Il arrive sur scène à 21h, costume marron, décontracté et souriant et commence à nous raconter son dernier rêve érotique pour enchaîner sur une chanson. La musique de Bertrand Belin est à la chanson et à la musique, ce que le Fooding est à l’art culinaire : un mélange de saveurs inédites et d’expériences subtiles et déroutantes. Un plat sucré-salé qui trouble, dérange mais séduit. Des mélodies travaillées avec un style qui lui est propre, un langage châtié, des textes parfois abscons. Le tout donne un album qui ne ressemble à aucun autre, ça et là des touches de blues, de jazz, de bossa, de rock, viennent ponctuer des mélodies parfois complexes. Une aura mystérieuses l’entoure, on le sent sensible et porté par son public dont les applaudissement le font grandement sourire. Longue route à lui.
Albin de la Simone arrive sur scène affublé d’une blouse très « techno » et d’un sourire malicieux qui laisse présager de sa forme éblouissante. Le début de son set ne trahit pas cette impression : il entame quelques unes de ses chansons les plus pêchues, dont Avril 4000, accompagné par une troupe de musiciens tout aussi talentueux, dont François Lasserre à la guitare, qui officie habituellement aux côtés de Franck Monnet. L’ambiance est électrique, les fans féminines, qui composent la majorité de l’audience, y sont pour beaucoup. Puis vient le temps des morceaux plus doux, voire plus tristes, dont le titre Notre Homme dont on ne sait s’il traite d’une blessure d’enfant ou d’un sujet bien plus grave comme la pédophilie. Albin de la Simone sait s’émouvoir, mais reprend vite son petit air malicieux pour entamer son tube J’ai changé (qui plaît beaucoup malgré son petit côté démago). Deux rappels plus tard, on a presque l’impression qu’il ne veut plus quitter la scène, mais il finit par une petit courbette devant le micro, un grand merci et s’engouffre dans les coulisses. Deux hommes, deux univers à l’opposé l’un de l’autre, mais une même passion pour la musique. Une belle leçon d’ouverture d’esprit.
No comments:
Post a Comment