Pitch : Dom Cobb est un voleur expérimenté – le meilleur qui soit dans l’art périlleux de l’extraction : sa spécialité consiste à s’approprier les secrets les plus précieux d’un individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant qu’il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans l’univers trouble de l’espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d’avant – à condition qu’il puisse accomplir l’impossible : l’inception. Au lieu de subtiliser un rêve, Cobb et son équipe doivent faire l’inverse : implanter une idée dans l’esprit d’un individu. S’ils y parviennent, il pourrait s’agir du crime parfait. Et pourtant, aussi méthodiques et doués soient-ils, rien n’aurait pu préparer Cobb et ses partenaires à un ennemi redoutable qui semble avoir systématiquement un coup d’avance sur eux. Un ennemi dont seul Cobb aurait pu soupçonner l’existence...
Avis : Christopher Nolan nous offre un pur chef d'œuvre de SF d'anticipation. A la fois blockbuster monumental et portrait psychologique dément d'un homme à la poursuite de ses souvenirs et obnubilé par le fantasme idyllique d'un chemin vers le pardon, Inception explose tous les tableaux et nous offre le film le plus complet, parfait, spectaculaire et jouissif qu'il nous ait été donné de voir depuis longtemps. Un futur classique d'une richesse telle, qu'il supplante son monde. DiCaprio au-delà des qualificatifs. Un bijou inusable à voir et à revoir...
Analyser Inception relève d'un exercice périlleux si bien qu'on préfèrera vous dire de foncer et de vous faire votre propre avis étant donné la complexité narrative comme la jouissance extrême du film. Si le film peut se targuer d'une chose c'est bien de s'installer d'emblée sur la plus haute marche du podium et d'inscrire son nom dans la liste des cultes et classiques en devenir, si ce n'est déjà fait. Une chose est certaine, la symbiose "divertissement/intelligence" du métrage force le respect et met la barre très (trop?) haut.
Après l'exceptionnel The Dark Knight, on attendait forcément le prochain opus de Christopher Nolan tout comme on ne pensait pas que le célèbre réalisateur pourrait se surpasser et surprendre à ce point. Le résultat n'en n'est que prodigieux et innovant. Mieux : le réalisateur anglais accouche de son meilleur film.
Lorsque Nolan affirme que Blade Runner est son film favori, rien ne paraît plus logique et normal. En effet, au générique final d'Inception, aucun mot ne semble assez fort pour qualifier le long métrage... et surtout la confusion reste totale comme à la sortie d'un rêve. Que vient-on réellement de voir ? Mystère et surtout flou artistique voulu comme en témoigne la dernière scène du film aussi brillante qu'énigmatique pour beaucoup.
A la fois film d'auteur et blockbuster d'une efficacité redoutable, Inception recèle de trouvailles narratives, visuelles comme d'une richesse de sens sans pareille. Véritable frénésie orgasmique, le long métrage de Nolan peut autant fasciner que rebuter au premier abord... mais ne peut laisser indifférent. Véritable labyrinthe des pensées, il est avant tout le film "somme" de son réalisateur regroupant comme dans The Dark Knight ses thèmes les plus chers : illusion, déstructuration de l'esprit et de points de vue, vengeance, tourmente psychologique, rédemption douloureuse, rêves, esthétisme froid, manipulation de l'esprit...
Le niveau est tellement élevé qu'il est juste impossible de pouvoir analyser Inception dans ses moindres détails ainsi que d'en sonder l'ensemble des subtilités sans nécessiter une vision à répétition. A l'instar d'un tour de magie qui rencontrerait l'anticipation SF, Nolan sait comment capter l'attention du spectateur pour mieux jouer avec lui. Si le procédé peut énerver (ici on adore), on ne peut pas lui enlever d'être addictif, envoûtant et diablement excitant.
Inception agit comme un long rêve torpillé par des "sautes d'humeur" allant de l'enfer au paradis. Agissant comme une splendide machine salvatrice, le film surfe sur des sommets de SF déjà catalogués comme classiques.
Au gré d'une réalisation millimétrée, d'un montage complètement frénétique et d'une logique imparable, le sens du détail met K.O. Véritable produit d'un chef d'orchestre surdoué, chaque élément visuel, chaque gimmick, chaque phrase, chaque thème musical (ahhh la bande originale de Hans Zimmer, fourmillement magique d'émotions et sensations), renvoie irrémédiablement à une signification précise. Un emboîtement virtuose d'idées et de scènes constituant là, un tableau d'art graphique comme abstrait.
Inception renvoie à des tas de souvenirs personnels comme de sensations troubles difficilement exprimables. C'est un film qui se vit, se ressent, se déguste et surtout qui divertit autant qu'il fait cogiter. A mi-chemin entre un James Bond, un Matrix, un Mission-Impossible et un casse-tête mathématique à la Memento, le tout enrobé d'une envergure à la croisée d'un Dark Knight et d'un Kubrick, Inception brasse une galerie fantasmatique de jouissance cinéphile pour finalement ne ressembler à rien d'autre qu'à une création originale.
Original... c'est le mot. Via un scénario affûté, précis et minutieux, l'illusion est parfaite. Chaque élément du film constitue un ensemble monumental telle une oeuvre importante qui fera date.
Toutefois pas de panique ! Si la complexité est bien omniprésente, le film n'en n'oublie pas d'être extrêmement divertissant et spectaculaire : de la scène d'introduction excitante et stimulante aux 45 dernières minutes juste sidérantes et complètement hallucinantes, en passant par une multitude de jouissances visuelles comme de "scénettes actioner", la liste fait bien état d'un film complet... follement riche.
Et que serait Inception sans ses acteurs ? En réunissant les cadors de la nouvelle vague épaulés par de trops rares acteurs de dimension shakespearienne, Christopher Nolan tutoie le sublime. Venus d'horizons différents, l'osmose est parfaite et laisse rapidement place à la contemplation béate : Ellen Page qui délaisse son uniforme d'éternelle ado pour une force de persuasion extrême, Ken Watanabe qui surclasse la simple classe, Cillian Murphy épatant de détresse comme d'innocence, Tom Beranger un brin sous exploité mais charismatique comme d'accoutumée, Lukas Haas, Michael Caine en retrait mais indispensable, Marion Cotillard parfaite dans un rôle crucial, élément perturbateur du récit... tous se sont passés le mot pour animer et servir ce scénario rêvé.
Mais le coeur du film se situe ailleurs : le trio magique. Leonardo DiCaprio, Joseph Gordon-Levitt et Tom Hardy. Véritable pilier du film, DiCaprio porte cette folle histoire sur ses épaules et bouffe littéralement l'écran. Un fantastique tour de force qui laisse K.O. Une fureur de tous les instants. A ses côtés, le jeune Gordon-Levitt qui n'est pas sans rappeler Heath Ledger, explose totalement et s'impose comme LA révélation du film, écopant d'un morceau de bravoure absolument titanesque tandis que l'exceptionnel anglais Tom Hardy (en plein boom à Hollwyood) sans réitérer son numéro démentiel de Bronson, prouve qu'il est la star sur qui il va falloir compter et s'avère être la force de frappe tactique du film.
Inception est au final un incroyable voyage au cœur de l'esprit, des doutes, des remords. Une rédemption entre deux mondes où le paradoxe est roi. Le tout, sous couvert d'une désespérante histoire d'amour maudit et d'un blockbuster phénoménal.
On vibre, on frissonne, on trépigne, on se laisse happer par cet univers si fascinant à tel point que l'on tutoie le point de non retour. Au même titre d'un Kubrick ou d'un K.Dick mâtiné à la percussion d'un "actioner" qui en a, Inception est l'un des plus beaux films qui nous ait été donné de voir, l'un des plus bandant, des plus explosifs depuis longtemps mais avant tout un véritable chef d'œuvre de SF faramineux doublé d'une habile réflexion sur les mécanismes de l'esprit. Un futur classique qui hantera longtemps les esprits des spectateurs une fois le générique de fin terminé... et ce n'est pas l'ultime séquence, aussi poignante que majestueuse et puissante sous fond du score "Time" by Hans Zimmer qui arrangera tout ça. Un petit clin d'œil assumé à LOST (Nolan en est fan), ultime pied de nez aux consciences du public qui relancera le débat des deux interprétations de conclusion. Il faudra choisir son camp mais pour ce qui est du film, aucun doute : chef d'œuvre d'intelligence, d'anticipation et de perfection.